Les limites de vitesse abaissées à 80 km/h sur certaines routes

Le 9 janvier dernier, le Premier ministre Edouard Philippe a proposé de réduire la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes à double sens sans séparateur central normalement limitées à 90 km/h. Il s’agit donc principalement de petites routes de campagne. Suite à sa publication au journal officiel le 17 juin 2018, cette limitation de vitesse entrera en vigueur dès le 1er juillet 2018.

Quel est l'objectif de cette mesure ?

Selon le Premier ministre, l'objectif de cette proposition est de réduire le nombre de morts sur certaines routes, qui sont statistiquement les plus meurtrières de France. En effet, en décidant de mettre en place cette mesure, le Premier ministre espère sauver "entre 300 et 400 vies chaque année", et ce malgré l'impopularité de cette nouvelle loi.

Quelles sont les routes concernées par cette mesure ?

Cette limitation de vitesse spécifique doit s'appliquer sur l'ensembles des voies à double sens de circulation sans terre plein central, ce qui représente au total 400 000 km de routes, soit 40% du réseau routier national. Le choix mis en oeuvre par le gouvernement de diminuer la vitesse sur ces routes à la disposition des voies spécifique est motivé en partie par les statistiques des accidents de la route. En effet, 55% des accidents mortels ont lieu sur les routes à double sens sans terre plein central. De plus, cela réduirait les émissions polluantes générées par les véhicules.

Le cas particulier des créneaux de dépassement

Si les routes bidirectionnelles à deux voies sans séparateur de voies seront soumises à la baisse de la limitation de vitesse, les routes à 3 ou 4 voies comportant des créneaux de dépassement ne seront pas affectées par cette baisse, et resteront limitées à 90 km/h. Ainsi, si un usager roule le long d'une voie comportant un créneau de dépassement à sa gauche, il pourra rouler à une vitesse maximum de 90 km/h, alors que les conducteurs circulant sur le long de la voie d'en face seront limités à 80 km/h tant qu'elle ne bénéficiera pas d'un créneau de dépassement.

Quels sont les impacts de la vitesse en conduite ?

La vitesse génère des contraintes physiologiques et physiques et peut impacter fortement la conduite des usagers.

Parmi les contraintes physiologiques relevées, il y a la vue. 90% des informations recueillies par les conducteurs lors de leurs sessions de conduite passent par la vue. Cependant, une vitesse importante réduit l’amplitude du champ de vision de l’usager.  À l'arrêt, le champ de vision est d'environ 180°, alors qu’à 90 km/h, il est réduit de moitié. Le cerveau humain est fait pour ne traiter qu'une certaine quantité d'informations, et va donc à l'essentiel. Dans ce cas, il se concentre sur ce qui se passe devant lui, et omet sciemment de vérifier l’activité sur les côtés. Le risque est donc ne pas voir un danger arriver sur les côtés immédiats, comme des usagers dans une intersection très proche.

Les contraintes physiques sont la distance d'arrêt et la distance de sécurité. La distance d'arrêt est la distance parcourue entre le moment où l'on perçoit le danger et le moment où le véhicule s'arrête. Ce qui veut dire qu'elle comprend la distance parcourue pendant le temps de réaction et la distance parcourue pendant le freinage. Plus la vitesse est importante, plus la distance d'arrêt est longue.

Pour la distance de sécurité, c'est pareil, plus l’usager circule vite et plus la distance de sécurité doit être importante, pour lui permettre de prendre le temps de réagir et d'éviter un accident si le véhicule devant lui freine brutalement.

De plus, une vitesse est importante implique une perte d'adhérence, ce qui impact également les trajectoires du véhicule. Les conséquences en cas de choc peuvent être graves, allant jusqu’à un risque de décès accru.

Que montre l'enquête du CEREMA ?

Le CEREMA a donc réalisé une étude concernant l'évaluation de la baisse de la vitesse pratiquée dans les trois zones où l'abaissement de la vitesse maximale à 80 km/h a été testé (N57, N7 et N151). Les résultats de cette enquête, qui ont été publiés le 16 février dernier, indiquent que "la vitesse limite autorisée a une incidence significative sur les vitesses pratiquées" et que "à une baisse de la vitesse limite autorisée correspond une baisse des vitesses pratiquées".

Ce qui signifie d'un point de vue physiologique que les conducteurs bénéficient d’un champ de vision un peu plus large. D'un point de vue des contraintes physiques, les conducteurs ont quelques mètres de plus pour éviter un accident. Et en cas de choc, le risque de décès est réduit.

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