Tout savoir sur l’autosolisme

De nombreux usagers de la route prennent chaque jour leur voiture afin de se rendre depuis leur domicile jusqu’à leur lieu de travail. Mais bon nombre de ces conducteurs sont seuls dans leur voiture pour réaliser ce trajet. L'adoption massive de cette forme d’usage de la voiture, nommée “autosolisme”, est l’une des raisons pouvant expliquer les difficultés de circulation et les pics de pollutions qui caractérisent certains centres urbains particulièrement développés.

AU SOMMAIRE :

Conducteur seul dans sa voiture

Autosolisme : définition

Le néologisme “autosolisme” se compose d’auto et de solo, deux mots qui permettent d’indiquer une pratique solitaire de la conduite d’un véhicule motorisé, plus spécifiquement d’une voiture. Le terme autosolisme s’applique donc à l'ensemble des conducteurs de voitures qui circulent au volant de leur véhicule motorisé sans prendre avec eux un passager.

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Quels sont les chiffres de l’autosolisme ?

Si en 2018, pas moins de 17 millions de français utilisaient quotidiennement leur voiture afin de réaliser le trajet les séparant de leur lieu de travail, 75% de ces usagers de la route réalisent leurs trajets domicile-travail en étant seuls à l’intérieur de leur voiture. Cette habitude représente donc à elle seule la présence d’environ 12 750 000 voitures ne comptant qu’une personne à leur bord, ceci quotidiennement.

Conductrice au volant d'une automobile de fonction

Qu’est-ce qui est généralement reproché à l’autosolisme ?

Si l’autosolisme se retrouve, depuis quelques années, régulièrement pointé du doigt, c’est en grande partie à cause de l’impact de cette habitude de mobilité, plus particulièrement sur les centres-villes. Si l’usage de la voiture est nécessaire pour un certain nombre d’usagers, qui doivent parcourir une distance importante afin de rejoindre leur lieu de travail, les statistiques de l’INSEE sur l’année 2017 montrent qu’une part importante des usagers n’ayant qu’une faible distance à parcourir pour rejoindre le lieu de travail depuis leur domicile prennent tout de même leur voiture. Ils sont ainsi : 

  • 48,8% des usagers à prendre leur voiture pour réaliser un trajet de moins d’un kilomètre
  • 56,3% des usagers à prendre leur voiture pour réaliser un trajet allant d’un à deux kilomètres
  • 63,2% des usagers à prendre leur voiture pour réaliser un trajet allant de deux à trois kilomètres

L’utilisation massive de la voiture même dans le cadre de trajets particulièrement courts a un impact direct sur certains des points négatifs liés à la mobilité dans les centres-villes, comme leur encombrement ou bien encore les fortes émissions de gaz à effet de serre, qui sont responsables de pics de pollution importants dans certaines grandes villes.

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Quelles sont les solutions potentielles face à l’autosolisme ?

Si l’importance de la pratique de l’autosolisme ne fait aucun doute, certains acteurs de la mobilité ont proposé un certain nombre de solutions afin de réduire l’attractivité de cette pratique aux yeux des automobilistes. Ces différentes solutions s’articulent autour de deux axes principaux : 

  • l’adoption de contraintes rendant l’usage de la voiture pour un seul usager moins intéressant
  • développer des solutions de mobilité alternatives rendant l’utilisation des transports en commun ou des mobilités douces plus intéressantes pour les usagers

L’une des premières formes de solutions évoquées par certaines municipalités afin de réduire la pratique de l’autosolisme en France est liée à l’adoption de contraintes, notamment financières, rendant plus intéressante la pratique d’une forme de mobilité alternative, comme le covoiturage ou l’adoption d’une mobilité douce, lorsque cela est possible. L’un des exemples de contraintes financières régulièrement évoqué est celui des péages urbains, déjà adoptés dans certaines grandes villes Européennes comme Londres, Stockholm ou Dublin, entre autres.

Mais la mise en œuvre de contraintes visant à rendre la pratique de l’autosolisme moins intéressante doit impérativement s’accompagner d’un développement en parallèle des offres de mobilités alternatives proposées dans les municipalités concernées. Il faut que les usagers de la route aient à leur portée des offres de mobilité différentes de l’autosolisme suffisamment développées et fiables pour que ces alternatives soient vues par les usagers de la route comme étant suffisamment attractives pour remplacer leurs habitudes de conduite actuelles dans le cadre de leurs trajets entre leur domicile et leur lieu de travail.

Si le développement des lignes de transport en commun est une solution possible, d’autres alternatives comme les offres de free-floating ou du MaaS (mobility as a service) sont autant d’opportunités visant à modifier les habitudes des usagers de la route.