A quelles conditions sont soumises les indemnités kilométriques ?
Il existe deux façons de se faire rembourser les trajets effectués entre le domicile et le travail. La première façon est de bénéficier d’un abattement de 10% sur les impôts. La deuxième concerne le calcul des frais réels engagés pour se déplacer avec son véhicule privé, basé sur des critères précis comme le type de trajet, le nombre de jours travaillés, les kilomètres parcourus...
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Le type de parcours réalisé pour aller au travail
Lors de la déclaration des frais kilométriques, le parcours réalisé avec le véhicule doit être logique et aller droit au but en étant le plus court possible. Par exemple, il ne faut pas induire dans votre calcul la distance parcourue pour déposer votre enfant à l’école ou chez sa nounou. Concernant le type de transport, vous pouvez en utiliser plusieurs tant que ce choix reste logique et simple : voiture, train, bus… Pensez à justifier ce choix lors de votre déclaration afin de prouver que votre trajet est nécessaire.
La distance parcourue
Pour bénéficier d’indemnités kilométriques, la distance maximale domicile-travail qui peut être prise en compte pour le calcul est de 40 kilomètres par trajet soit 80 kilomètres par jour. Les kilomètres supplémentaires ne peuvent être pris en compte dans le calcul et donc non déductibles de vos impôts, sauf situations exceptionnelles.
Les cas exceptionnels pour déroger aux règles des frais kilométriques
Il existe des situations exceptionnelles qui permettent de déduire plus de 80 kilomètres par jour pour le trajet domicile-travail, sous réserve d’une justification tangible :
- des problèmes de santé personnelle ou d’un proche ;
- des problèmes concernant la scolarisation des enfants ;
- des difficultés à trouver un emploi proche du domicile ;
- une forte mobilité de l’emploi ;
- une mutation géographique professionnelle …
Cette liste n’est pas exhaustive : chaque situation est étudiée au cas par cas par le fisc qui donne ensuite une réponse favorable ou non à la requête.
Le nombre de trajets autorisés
Un seul aller-retour par jour est déductible concernant les frais kilométriques. Encore une fois, les situations exceptionnelles peuvent justifier le fait d’avoir deux trajets déduits, par exemple un emploi du temps atypique, l’obligation d’aider un proche à domicile...
Comment calculer les frais kilométriques ?
Il est possible de se référer au barème kilométrique publié chaque année par l'administration fiscale. Il prend en compte trois variables : le type de véhicule, sa puissance fiscale (en chevaux, indiquée case P.6 de la carte grise) et le nombre de kilomètres parcourus dans l'année.
La formule de base reste : km totaux = distance domicile-travail (aller-retour) × nombre de jours travaillés
La distance domicile-travail est inférieure à 40 km et vous avez travaillé 47 semaines à 5 jours. 47*5 = 235 jours.
Si la distance est égale à 15 km soit 30 km aller-retour, le nombre total de kilomètres à soumettre au barème kilométrique est égal à 235 * (15 * 2) = 7 050 km.
Si la distance est supérieure à 40 km, vous ne devez inclure que les 40 premiers dans votre calcul. Le maximum de kilomètres à être pris en compte est donc 18 800 kilomètres.
Barème kilométrique 2026 pour Voitures (véhicules thermiques, hybrides, hydrogène)
Barème kilométrique 2026 pour Motocyclettes (cylindrée > 50 cm³)
Barème kilométrique 2026 pour Cyclomoteurs (cylindrée ≤ 50 cm³)
⚠️ Barème 2026 non revalorisé : comme en 2024, le barème kilométrique n'a pas été augmenté cette année. La dernière revalorisation remonte à 2023 (+5,4 %), justifiée par la hausse des prix du carburant. Le barème 2026 (applicable à la déclaration des revenus 2025), publié en avril 2026, est également resté identique.
Exemple concret :
Vous avez parcouru 7 050 km dans l'année avec une voiture thermique de 5 CV (15 km du domicile au travail × 2 × 235 jours travaillés).
Votre tranche : de 5 001 à 20 000 km → formule : (d × 0,357) + 1 395
Calcul : (7 050 × 0,357) + 1 395 = 3 911,85 € déductibles.
Si votre véhicule est 100 % électrique, appliquez la majoration de 20 % :3 911,85 × 1,2 = 4 694,22 € déductibles.
Majoration de 20 % pour les véhicules électriques
Depuis 2023, les conducteurs de véhicules 100 % électriques bénéficient d'une majoration de 20 % sur le montant calculé via le barème kilométrique standard. Cette mesure vise à encourager l'usage de la voiture électrique dans les trajets professionnels, tout en tenant compte de ses spécificités de coût (recharge, location de batterie le cas échéant).
Comment s'applique la majoration ? Il suffit de calculer vos frais kilométriques selon le barème thermique correspondant à la puissance fiscale de votre véhicule électrique, puis de multiplier le résultat par 1,2. Cette majoration s'applique également aux véhicules hybrides rechargeables ? Non : seuls les véhicules fonctionnant exclusivement à l'électricité sont concernés.
La puissance fiscale de votre véhicule électrique est indiquée sur votre carte grise, à la case P.6. Vous en avez besoin pour identifier la bonne ligne du barème avant d'appliquer la majoration.
Exemple Voiture électrique 5 CV, 7 050 km parcourus :
- Étape 1 : Calcul au barème thermique 5 CV (tranche 5 001–20 000 km) :(7 050 × 0,357) + 1 395 = 3 911,85 €
- Étape 2 : Application de la majoration électrique :3 911,85 × 1,2 = 4 694,22 € déductibles
Soit 782 € supplémentaires grâce à la majoration.
Frais kilométriques et télétravail : que peut-on déduire ?
Depuis le développement massif du télétravail, une question revient souvent : peut-on déduire ses frais kilométriques les jours où l'on travaille depuis chez soi ? La réponse est simple : non. Les frais kilométriques ne concernent que les trajets domicile-travail effectivement réalisés.
En pratique, cela signifie que vous devez déduire du calcul les jours de télétravail. Si vous travaillez 5 jours par semaine mais que 2 jours sont en télétravail, seuls les 3 jours de présence au bureau entrent dans le calcul.
Exemple 3 jours au bureau par semaine, 47 semaines :
Nombre de jours retenus : 47 × 3 = 141 jours
Distance domicile-travail : 15 km, soit 30 km aller-retour
Kilométrage annuel : 141 × 30 = 4 230 km
Barème 5 CV, tranche ≤ 5 000 km : 4 230 × 0,636 = 2 690,28 € déductibles
Faut-il justifier les frais kilométriques ?
Il n’est plus obligatoire de justifier ses frais lors de la déclaration de revenus, mais le fisc procède à de nombreux contrôles et peut vous demander une justification si les trajets ne semblent pas optimisés. Dans ce cas, vous devrez démontrer la réalité de vos frais et leur montant grâce à des pièces justificatives comme une attestation employeur, votre emploi du temps, votre carte grise…
Frais réels ou déduction forfaitaire de 10 % : que choisir ?
Par défaut, l'administration fiscale applique une déduction forfaitaire de 10 % sur vos revenus pour couvrir les frais professionnels, dans la limite de 14 426 € (plafond 2026). Vous n'avez rien à faire pour en bénéficier.
La déduction des frais réels dont font partie les frais kilométriques est plus avantageuse uniquement si le total de vos dépenses professionnelles dépasse ce forfait de 10 %. C'est souvent le cas si vous habitez loin de votre lieu de travail, ou si vous avez des frais de formation, de repas ou de matériel importants.
Comment savoir si les frais réels sont plus intéressants pour vous ?
Utilisez le simulateur officiel des impôts qui calcule et compare les deux options en quelques clics.
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