Radar mobile relevant la vitesse de voitures en circulation

58% des excès de vitesse relevés par des radars sont de moins de 5 km/h

Un an après qu’une sénatrice LR ait demandé le nombre de verbalisations liées à des excès de vitesse de moins de 10 km/h, le ministère de l’Intérieur a dévoilé les chiffres officiels, et il apparaît que la très grande majorité des excès de vitesse concernent des petits excès.

La quasi-totalité des excès de vitesse sont de moins de 20 km/h

Le 8 mars 2021, la sénatrice du Var Françoise Dumont a demandé au ministère de l’Intérieur de fournir les chiffres des excès de vitesse ne dépassant pas les 10 km/h, dans le cadre d’une récolte d’informations liées à la sécurité routière.

Les chiffres officiels ont été communiqués à la sénatrice un an plus tard, en avril 2022, et ceux-ci ont de quoi surprendre. En effet, 58% de l’ensemble des excès de vitesse constatés en France concernent des dépassements de 5 km/h au-dessus des limites en vigueur, après prise en compte de la marge technique.

Au total, les excès de moins de 20 km/h au-dessus des limitations de vitesse représentent 95% de tous les excès de vitesse constatés en France. Sur les voies limitées à plus de 50 km/h, la sanction est la même pour les excès de vitesse à 5 km/h et ceux à moins de 20 km/h : 68 euros d’amende forfaitaire ainsi que le retrait d’un point sur le permis de conduire. Cette contravention passe à 135 euros sur les routes limitées à 50 km/h ou moins.

Une politique gouvernementale axée sur la répression plus que sur la formation et la restauration du réseau routier

De très nombreuses associations d’automobilistes ont critiqué ce qui est considéré comme une répression à outrance pour des manquements qui pourraient simplement être imputé au fait que l’être humain n’est pas infaillible et qu’il peut arriver de dépasser de quelques kilomètres par heure les limitations de vitesse accidentellement au mauvais moment. L’argument développé par de nombreuses associations de conducteurs est que les contrôles radars n’ont pour principale finalité que de remplir les caisses de l’Etat, puisque les radars auraient rapporté au minimum 400 millions d’euros en 2020, si tous les usagers avaient réglé l’amende dans le délai de minoration, d’après la Ligue de défense des conducteurs.

Dans son rapport du 1er juillet 2021 sur la sécurité routière, la Cour des Comptes elle-même a indiqué, sans remettre en cause la nécessité des contrôles radars, que la baisse de la mortalité sur les routes avait cessé depuis 2013, ce qui montre un besoin de recentrer la sécurité routière autour de la formation du conducteur, du développement de nouvelles technologies de sécurité intégrées dans les véhicules ainsi que de rénovation des infrastructures routières, plutôt que de se focaliser sur la répression de la vitesse, briques essentielle de la sécurité routière mais qui semble avoir montré ses limites quant à l’objectif essentiel de réduction de la mortalité sur les routes.